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Née en 1971 à Fontenay aux roses (92), France
vit et travaille dans le Sud de la France

 


 

 


Exposition "A la lueur", Galerie Kamila Regent

 

Le choix de programmer Aurélia Jaubert et Estelle Jourdain repose sur une lecture de leurs oeuvres qui fait appel à la mémoire et à l’oubli... Leur approche des sujets est différente mais elles ont en commun d’utiliser des outils de la modernité, voire d’être photosensible au presque rien et de réaliser des oeuvres empreintes d’une poétique réellement contemporaine.
(...)
Estelle Jourdain lors d’une résidence à Chambre avec vue en 2016 a relevé le défi de photographier l’impalpable, les ombres et les lumières qui suggèrent des présences absences. La maison et l’église ont été le théâtre intime de ses prises de vues dans lesquelles on peut ressentir la présence en filigrane de Rosette Tamisier qui vécut au 19e siècle à Saignon.
Egalement sculpteur, elle a longtemps tissé des fils d’acier et composé des formes abstraites, linéaires tels que les deux pièces qui sont présentés dans le cadre de l’exposition.
A même la demeure, la galerie Kamila Regent a pour vocation de mettre en scène les oeuvres dans le quotidien des jours et des nuits...

Kamila Regent Saignon le 17 juin 2017

www.galeriekamilaregent.com
« chambre avec vue » résidence d'art et d'écriture, Saignon

 


 

 


Un art qui a aussi besoin

 

par Pascal Thevenet, auteur


« La conception de mes premières sculptures s’est faite à partir de la notion d’ « objet » (le terme « objet » est pris ici dans le sens de « ce qui est placé devant, connu directement par nos sens ») ». À l’heure où Estelle Jourdain a fait cette analyse, elle a conscience de l’existence d’objets physiques et d’objets idéaux. Les objets physiques existent dans l’espace et le temps  : une table, une montagne, une sculpture. Les objets idéaux existent hors de l’espace et du temps  : une idée, un théorème, les propriétés d’un cercle, figure récurrente dans la recherche d’Estelle Jourdain. Mais pouvait-elle alors supposer l’émergence de l’objet social ?
L’objet social n’est ni physique, ni idéal. Il existe dans le temps et dans l’espace seulement s’il génère une inscription, un enregistrement d’une portion du temps et de l’espace. Il conscientise notre appartenance et notre dépendance au réel. La production photographique d’Estelle Jourdain prend cette fonction de conscientisation dès lors que l’artiste pique la surface de ses images. La broderie à fleur de la matière photographique n’autorise plus l’immédiateté de la communication de l’oeuvre. Il y a un intermédiaire entre l’image et moi. Cet intermédiaire, c’est le besoin qu’a l’artiste d’éprouver sa place dans l’espace, minuscule, de l’ouvrage de broderie, et dans le temps, contraint et contraignant, qu’impose le geste de précision. En cela, et pour suivre la pensée d’Henri Bergson, Estelle Jourdain puise du réel de sa création un besoin. Le besoin d’inscrire, car la broderie est une écriture.
Les sculptures d’Estelle Jourdain participent également de cette conscientisation du besoin que l’on tire du réel car elles se suspendent à leur lieu de monstration, révélant leur qualité propre dans la dépendance qu’elles ont de l’espace les entourant.
Photographies cousues, sculptures suturées marquent une hybridation de la fonction de l’oeuvre d’art. Même cet objet singulier qu’est l’oeuvre d’art, chez Estelle Jourdain, montre son besoin vis à vis du réel. Or que fait habituellement l’art ? Il nous révèle, par sa singulière présence, le réel tel qu’il est si nous pouvions en jouir sans intérêt. Mais montrer un art qui lui-même tire un besoin du réel, occultant par là sa faculté à nous soustraire momentanément à ce besoin, c’est nous rappeler qu’il est fondamentalement objet. Et par là, que nous sommes et restons des sujets, avec toutes nos capacités d’auto-réflexions et d’auto-fondations.

 


 

 


Entre-deux

 

Le " lien " - et par là même, la séparation - est le fil conducteur de mon cheminement.
Les espaces s'y rencontrent, les limites s'y définissent, les points de contact s'y révèlent, la mise en tension s'y dessine.

Ce lieu unique forme un espace en soi. Il devient un instant en suspens, une pointe d'équilibre...
un espace à part entière qu'il soit volume, croisement, superposition ou fusion.
Cet " entre-deux " est celui où peuvent se rencontrer les contraires, les complémentaires :
un vide, un silence où tout est possible.

Par la sculpture et la photographie, je questionne l'espace en l'expérimentant. Je le fragmente, je l'isole par l'épure.
Ces parcelles d'espaces sont ensuite associées afin de percevoir ce qui se joue " entre ", ce qui fait exister l'Un et l'Autre.

Estelle Jourdain

 


 

 


Au-delà de la fragilité

 

par Christine Blanchet, historienne de l'art et commissaire d'exposition

Lundi 25 juin 2007

Estelle Jourdain vit et travaille à Noves (13) près d'Avignon. Ses médiums de prédilection sont la sculpture et la photographie. Ici, la sculpture au premier plan s'intitule "entre la terre et le ciel... elle tisse" (2003). Composée de métal et de fils, l'oeuvre en lévitation nous étonne par la délicatesse de sa réalisation mais cet équilibre qui semble "fragile" n'est qu'apparent. Les sculptures d'Estelle Jourdain s'articulent autour d'un espace ; leur installation, chaque fois différente établit toujours une relation particulière et intime avec le lieu d'exposition. Elle joue avec les matières comme la parafine et le métal ...
Ces photographies font partie d'une serie de six appelée 1 - time, travail réalise en 2004.
En noir et blanc, ces images révèlent une certaine mélancolie que ce soit les natures mortes ou les paysages de neige. On y retrouve la dimension sculpturale dans la présentation de l'objet photographié.

http://ateliersartistescontemporains.over-blog.com/article-6851213.html